THE COMMON GRID :
LA VILLE NOURRICIERE


Contribution “Et demain, on fait quoi?” - Pavillon de l’Arsenal








Paris, capitale mondiale de la gastronomie, ne dispose que de trois jours d’autonomies alimentaires. La pandémie du COVID-19 a exacerbé la dépendance de l’urbain vis-à-vis des autres territoires. Pour- tant, en 1880, la ville était alimentairement auto-suffisante.

En 2050, nous serons 10 milliards d’humains et 75% de cette population sera urbaine : il est aujourd’hui temps de repenser les connexions entre les lieux de production et de consommation. Comme réponse à l’appel à idées du Pavillon de l’Arsenal, « Et demain, on fait quoi ? », SAME s’est penché sur la question de l’agriculture en métropole et a imaginé un totem urbain qui accueillerait une structure infinie permettant de nourrir les citadins.

Indéniablement, nos modes de vie ont accentué le phénomène pandémique. En urbanisant sans limite les zones péri-urbaines, agronomiquement riches, nous bouleversons les écosystèmes. En éloignant les zones productives alimentaires, nous allongeons les trajets parcourus par les biens consommables. Les chaînes alimentaires, fragmentées à l’échelle mondiales, représentent aujourd’hui 30% des émissions de CO2. La mondialisation a poussé la logique de flux à son paroxysme : mais que se passera-t-il le jour où ces flux sont interrompus ?







Plus qu’un objectif, il est impératif de donner à la ville une fonction productrice. Dans un but à la fois sanitaire, écologique et social, The Common Grid offre une solution flexible et plurielle à la question de l’alimentation urbaine. Rassembler les différents secteurs et les différentes productions au sein de la ville, elle qui n’est plus que le lieu du tertiaire. Elle qui, en période de confinement, ne produit plus de richesse.

L’agriculture urbaine ne rendra pas les villes complètement autonomes -on estime qu’elle pourrait nourrir environ 10% de la population parisienne. Mais en investissant la hauteur, les interstices, les dents creuses et les toits, cette structure générique participerait à faire de Paris un grenier et une ville plus autonome. Véritable organisme vivant, cette architecture croît de manière erratique en symbiose avec son environnement. Fait d’une multitude de strates, le support fédère différents programmes jusqu’alors mis à distance les uns des autres : élevage, production végétale, stockage. En regroupant les multiples étapes de la chaîne alimentaire, The Common Grid offre à ses habitants un facteur de résilience et d’indépendance des villes.

Plus qu’une simple fonction productrice, The Common Grid est une rêverie urbaine qui rassemble les populations. Par la mutualisation des ressources et la solidarité des espèces, elle propose un socle d’habitat commun et inclusif.