TER

400 à 500 millions de tonnes de déblais seront excavées des chantiers d’Ile-de-France dans les 15 prochaines années, soit 20 à 35 millions de tonnes par an. (Source : PREDEC) Ces déblais représentant environ 90% des déchets urbains, constituent un problème central pour tous les chantiers d’Île-de-France. Leur stockage limité localement coûte cher (près de 500€ / tonne / mois). Leur déplacement est encore plus cher et il alourdi le bilan carbone des chantiers.







LA CONSTRUCTION TERRE HISTOIRE

La terre, l’argile en particulier, est l’un des premiers matériaux connus de l’homme. La bauge, le torchis, l’adobe et la technique du pisé de terre sont des méthodes de construction multimillénaires, répandues à travers le monde, de la Grande Muraille de Chine à la Grande Mosquée de Djenné au Mali. En France nous comptons un patrimoine très important de bâtisses en terre, vieilles de plusieurs centaines d’années.

Les techniques employées varient selon les régions. La terre était historiquement utilisée dans toutes les parties du bâtiment, des murs à la toiture, en passant par les partitions intérieures ou les planchers. La principale raison de cette omniprésence vient du faible coût de cette matière première directement disponible sur site. Seules dépenses, la main d’oeuvre.




CONTEXTE

Après plus de 60 ans de désuétude, la terre fait à nouveau apparition dans le paysage constructif contemporain. L’éveil des consciences environnementales a favorisé les recherches de méthodes constructives moins énergivores, locales, mettant en oeuvre des matériaux renouvelables ou issus de filière de recyclage /réemploi. La terre répond naturellement à toutes ces attentes. C’est un matériau qui ne nécessite pas ou peu de transformations avant mise en oeuvre. Qui plus est, en fin de vie, elle peut retourner à son état initial.

Dans le contexte plus spécifique du Grand Paris, la construction en terre offre une solution aux millions de tonnes de terres excavées annuelles. La Société du Grand Paris l’a bien compris en lançant début 2017 un concours pour le réemploi des terres excavées de Paris.1.

1. Le Pisé

Mélange d’argile de sable et de gravier battu avec un pisoir entre des banches, le pisé est polyvalent : murs porteurs à forte inertie, autorisant des migrations de vapeur d’eau, il change de comportement avec les saisons : fraicheur en été, chaleur en hiver, tout en battant des records de longévité (durée de vie d’un bâtiment supérieure à 100ans). Les techniques traditionnelles de protection consistent à inclure dans la masse du mur et affleurant sa surface, des rangées de tuiles ou le cas échéant des lignes de mortier destinées à briser l’érosion par l’eau. Le pisé dit stabilisé résiste à l’eau grâce à l’ajout de 5% de chaux liquide ou de ciment. Toutefois cette dernière technique réduit la recyclabilité après déconstruction.






2. La terre coulée

Mélange d’argile, de sable, de gravier et de liquéfiant, la terre liquide peut être préfabriquée (prémurs) ou encore directement coulée dans des banches métalliques. Cette technique permet d’utiliser l’outillage d’entreprises de gros oeuvre traditionnel et d’obtenir ainsi des coûts de mise en oeuvre identiques à ceux du béton tout en ayant un matériau plus respectueux de l’environnement. En plus de sa qualité esthétique, la terre coulée bénéficie des mêmes caractéristiques d’inertie thermique et de régulation hygrométrique que le pisé, bien meilleures que le béton. Des recherches sont actuellement en cours en France et en Suisse pour trouver le liquéfiant idéal permettant de raccourcir davantage les temps de décoffrage et assurer le recyclage total de la terre lors de la déconstruction.


3. La brique de terre comprimée

La BTC (brique de terre comprimée) est une évolution de la brique de terre crue ou adobe. Il s’agit d’une brique calibrée non cuite, contenant un mélange d’argile et sable d’une granulométrie de 0,5 à 0,8mm. Tout comme le pisé, elle peut être stabilisée par l’ajout d’une part de chaux (<10%). Ses principaux avantages, en plus des propriétés générales de toutes constructions en terre, résident dans : . la facilité de mise en oeuvre . le faible coût du matériaux, environ 30€/m². La BTC peut être utilisée en tant que porteur sur de faibles hauteurs. Nous privilégierons son usage sur des murs non structurels isolés par l’extérieur afin de maximiser ses caractéristiques (acoustique, hygrothermique,…).







TER est un projet de logements en centre urbain. Il préfigure différentes techniques de construction en terre, souvent mixtes, suivants les strates du bâtiment. À rez de chaussée et en infrastructure, la technique de prémur en terre coulée (proche des caractéristiques d’un béton) a été choisie pour ancrer de façon pérenne le projet dans le site. Le corps plein quant à lui, plus léger est constitué d’une structure mixte bois / brique de terre crue qui permet une régulation hygrothermique améliorée. Enfin, à l’instar des étages, l’attique en CLT, accueille une structure de plancher dite à la «lyonnaise». Ce dernier est travaillé avec un remplissage d’argile sèche permettant de meilleures performances acoustiques et thermiques.