Ecoquartier de la Gare - Cachan

Article

Ecoquartier de la Gare,
Ilot Guichon et Ilot Sud,
Cachan, France

Concours 2022
MOA : Ville de Cachan et Société du Grand Paris
Porteurs : PITCH PROMOTION, Woodeum et AVENTIM
Architectes partenaires : CoBe architecte mandataire, BECHU & associés, Atelier WOA
BET : CoBe paysage, SYLVA CONSEIL, sbp, impact ACOUSTIC, e.v.a , POUGET Consultants, apave
Partenaires : PALABREO, CMARUE, LE GRAND RESERVOIR, COLLECTICITY, climate city, RESALLIENCE, forestor
SDP : 30.960m²
Coût : NC
Labels : NF HQE Excellent, BREEAM bâtiment durable excellent, Biodiversity, E3C2, Bâtiment biosourcé engagement 3, BBCA

Crédit perspectives et vidéo : Engram

Avec l’émergence d’un nouveau pôle gare, une nouvelle page s’ouvre pour Cachan. Crescendo saisit cette opportunité historique pour donner corps à un lieu de destination intense, mixant les usages et brassant les flux venus de tous les horizons. Il le fait en misant, avant tout, pour les Cachanais. Car l’impératif d’intensité se conjugue avec l’impératif de proximité : l’écoquartier se vit et s’habite au quotidien, à tous les âges de la vie.

Crescendo fait également de Cachan une ville à l’avant-garde de la transition écologique : construction bois, prise en compte du réchauffement climatique, désimperméabilisation des sols, nouveaux modes de déplacement, de travail, de consommation. Une exigence qui résulte d’un pari : celui de l’intelligence collective déployée par l’ensemble des expertises mobilisées, et par les Cachanais eux-mêmes, dont les attentes irriguent l’intégralité du projet.

 

ILOT GUICHON

L’îlot Guichon prend place face à la sortie ouest de la gare. Situé à la croisée des flux piétonniers et ferroviaires, il permet d’assurer la transition délicate entre le tissu existant du quartier des Lumières et le nouvel écoquartier. Nous proposons un découpage de l’îlot en deux entités dont le positionnement est minutieusement étudié pour contribuer à l’amélioration de l’espace public le long de la rue de la Coopérative :
. la Maison du projet située au Sud et dont la vocation est d’en faire un bâtiment identitaire pour les cachanais.
. le logement collectif “Guichon” situé face à la Gare. 

Ce morcellement obtenu grâce à la séparation en deux bâtiments du lot Guichon, accompagné par la volonté de rétrocéder environ la moitié de la surface de la parcelle à la ville permet de générer une nouvelle place publique. Nous offrons un long parvis aux habitants et souhaitons y développer une programmation associative. Le travail sur la volumétrie, les toitures et la succession d’épannelages formés par la Maison du Projet, le logement collectif Guichon et le lot Coopérative permet le lien entre le nouveau projet urbain et l’ancien tissu pavillonnaire.

La Maison du Projet joue un rôle très important pour la communauté cachanaise. Cet espace est pensé et construit totalement pour la ville et pour ses habitants comme une prolongation de l’espace public. Il est ouvert sur les 4 côtés, et s’étend sur 3 niveaux : 1 sous-sol comprenant une grande salle à vocation événementielle, un rez-de-chaussée et un étage. Construit avec des matériaux issus de la déconstruction du site nous mettons en avant le caractère unique de ce lieu en utilisant un élément de langage particulier : l’arc. Ce dernier fait écho à l’histoire de Cachan en reprenant la forme archétypale de l’aqueduc en briques. De par ses formes arrondies, qui accueillent de larges baies vitrées, le bâtiment invite à se l’approprier. Il se veut accueillant, ouvert et transparent.

Le logement collectif “Guichon” situé entre la maison du projet et l’îlot Coopérative, revêt une écriture sobre et qualitative. Sa volumétrie est étudiée pour mettre à distance les logements des avoisinants (gare, pavillonnaire). Un travail d’orientation est opéré suivant les faces :
. des coursives épousent le bâti sur ses longueurs. Elles permettent non seulement d’assurer une protection solaire sur les façades est et ouest mais aussi la desserte des logements par l’extérieur.
. la cage d’escalier extérieure, côté Ouest, est traitée en métal perforé afin de garantir un filtre visuel avec les bâtiments avoisinants. Cet élément, parfaitement intégré dans l’architecture du bâtiment, dessert les logements tout en constituant un élément décoratif de la façade arrière. Les 8 logements proposés sont travaillés en « tunnel ». Accessibles par des coursives communes, ils s’ouvrent sur des balcons filants privatif à l’est. Ils sont tous traversants de la plus petite typologie, T1, à la plus grande, T5.
Notre réflexion sur la matérialité du projet s’est portée sur la recherche des meilleurs compromis pour aboutir à une structure décarbonée et à un emploi important de matériaux biosourcés. Convaincu que ce type de construction fera partie du domaine traditionnel dans la prochaine décennie, ce projet est l’occasion de porter haut le sujet de la construction sèche et bas carbone en proposant un squelette à dominante bois et entre en harmonie avec les autres lots du projet.
Le travail de structure moisée des balcons redonne de la verticalité au lot tout en dialoguant avec le lot Coopérative. La brique fine en façade uniformise les matérialités de la Maison du Projet et des logements Guichon, construits de part et d’autre de la nouvelle place urbaine.

 

ILOT SUD

L’îlot Sud s’étire entre l’avenue Léon Eyrolles et les voies ferrées sur plus d’une centaine de mètres. Il articule au Sud l’entrée de l’écoquartier et au Nord la Place Verte qui s’insère entre l’îlot central et Sud. Il bénéficie d’une orientation Est Ouest avec deux situations urbaines très différentes : à l’est, l’avenue Léon Eyrolles, animée par un socle actif, le marché qui lui fait face ; à l’ouest les voies ferrées et le talus qui fabriquent une contrainte dont le projet tire parti pour proposer à la fois des façades cinétiques et des logements agréables.

Le parti pris du projet traite de l’unité et de la diversité. Un socle commun dont l’écriture sobre et tramée se prête à accueillir les programmes actifs du RDC et du R+1 sur l’avenue tandis qu’il devient le support d’un jardin sur deux niveaux côté voies. Sur ce socle se posent trois émergences dont l’objectif est double : séquencer ce grand linéaire et multiplier le potentiel de vues perpendiculaires aux voies ferrées.

Les émergences sont conçues comme des objets posés sur ce socle mais dévoilent un discours commun. A l’ouest et suivant la proximité des bâtiments aux voies, les façades des bâtiments se déplissent, jusqu’à se simplifier à l’extrême et reconnecter le socle à l’entrée du quartier. Dans l’autre sens depuis le RER, c’est Crescendo : les façades se replient sur elle mêmes pour se protéger du bruit, ce système se prolonge sur l’îlot central où les doubles peaux des jardins d’hiver ondulent sur un rythme qui s’apaise jusqu’à l’îlot gare et l’entrée Nord du quartier. Les façades morcelées aident à casser les ondes sonores et dynamisent par la même façon la façade donnant sur les voies. Cette composition de façade permet également d’orienter les vues des logements non pas directement vers les voies, mais plutôt d’aller chercher des vues sur le lointain. Chaque bâtiment va développer ce principe de crénelage de façade de manière différente.

La brique est identitaire à Cachan. Qu’il s’agisse du centre-ville, d’équipements remarquables comme la Mairie, comme le théâtre où celle-ci est réinterprétée, elle constitue un marqueur pour les Cachanais. Nous avons souhaité la retrouver au niveau du socle. Elle confère à l’écoquartier, l’image d’un ensemble de bâtiments cohérents, vibrants dans un jeu subtil de trame et de tonalités entre socles et émergences plutôt que des objets indépendants.

L’îlot Sud apporte une nouvelle singularité mettant une nouvelle fois en scène le végétal. Sur un socle unique, un jeu de 2 failles se dessine entre 3 plots. Ces failles abritent des morceaux de natures représentées dans une richesse de formes, de vocabulaires et de hauteurs, arbres, cépées, arbustes, sur un tapis de graminées et de fougères… Ces espaces de contemplations symboliseront des espaces sanctuarisés et dans ce sens largement dédiés à l’accueil de la faune sur la base d’une flore réfléchie et adaptée à leur accueil. Ce socle représente une matrice végétale à partir de laquelle la végétation colonise les façades des plots A/B et C. Ces façades viendront également en dialogue avec les formes végétales rencontrées sur les emprises des voies ferrées en s’inspirant du caractère spontané et sauvage habitées par ce continuum écologique. Dans ce sens, les façades jouent sur une pluralité de feuillages et de graminées basses insistant principalement sur des tons de verts variés alternant de grandes masses fleuries de couleurs blanches.

Une architecture durable est, par essence, une architecture adaptable et réversible. Capable de muter au long cours selon les besoins de densité, les fonctions, les typologies, elle épouse les fluctuations économiques, démographiques et sociales de la ville, et évite ainsi les pièges de l’obsolescence accélérée du bâti. Le choix de systèmes porteurs en poteaux/dalles est étroitement lié à cette volonté d’adaptabilité. Il permet d’éviter l’emploi de recoupements structurels, et offre des plateaux libres. La totalité de nos bâtiments de logements et tertiaire est donc naturellement basée sur ce principe de réversibilité augmentée. Ce système permet notamment de créer des étages neutres au niveau R+1. Aujourd’hui programme de bureaux ou tertiaires, ces dispositions pourrait permettre la transformation très aisée d’un programme de logements en bureaux, de bureaux en logements, en activités et ainsi de suite. Enfin, nous souhaitons proposer un projet frugal et intelligent dans sa capacité à anticiper les besoins futurs et à ne fermer la porte à aucune de ses évolutions.