HORA - Paris XIII

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HORA, Bureaux et Ateliers,
ZAC Bédier-Oudiné, Paris XIII, France

Concours : 2021
MOA : SEMAPA
Partenaires : Atelier WOA, architecte mandataire
SDP : 6 600m²
Coût : 20.2 M€ HT
Labels : NF HQE - bâtiments tertiaire, E+C niveau E3C2, BBCA, Plan Climat Energie 2018 de la Ville de Paris

HORA se positionne le long de l’Avenue de la Porte d’Ivry au niveau de la limite nord-ouest de la ZAC Bédier-Oudiné. Cette position près d’une porte d’entrée de la capitale, sur un axe reliant Paris à Ivry-sur-Seine, face à la place Yersin réaménagée, lui confère une grande visibilité et une échelle métropolitaine.

La construction de cet îlot à destination de différents services de la Ville de Paris résulte de la volonté de renforcer le lien entre Paris et Ivry-sur-Seine, et d’introduire une part d’activités dans ce quartier jusqu’à présent à forte dominante résidentielle. Elle permet par ailleurs à la Ville de Paris de mieux répartir ses différents services en leur offrant des locaux neufs, adaptés à leurs contraintes et en accord avec les principes de durabilité et de qualité d’usage qu’elle porte.

Notre concept est de créer une véritable canopée végétale quelle que soit la saison et l’orientation. La silhouette de HORA s’élève dans le ciel tout en respectant son environnement et en s’inspirant de son contexte pour créer des relations fortes avec ses abords.

Notre parti pris est de faire un bâtiment compact, ayant le moins d’impact sur le foncier possible. Ainsi nous pouvons maximaliser la perméabilité des sols, protéger la végétation en place et ainsi enrichir la biodiversité. Des retraits progressifs sont aménagés sur la hauteur. Ce jeu d’épannelage permet de dégager des terrasses extérieures généreuses sur la façade ouest. Ces dernières sont accessibles depuis les espaces intérieurs et fournissent aux occupants des conditions de travail optimales. Une terrasse est également aménagée en R+6 sur l’avenue. Celle-ci permet de souligner le retrait d’attique représentatif du caractère parisien. Enfin, HORA est imaginé en strate permettant une bonne hiérarchie des programmes. Un élément essentiel de la réussite du projet est la configuration des accès au bâtiment et l’indépendance des programmes.
La transparence du rez-de-chaussée constitue un atout pour le public et les usagers. Nous avons conçu l’accès principal comme une séquence d’entrée mettant en lien l’espace public et l’atrium planté central. Cette ouverture confère au coeur une forte attractivité, directement visible depuis l’espace public.

L’enveloppe du bâtiment est un des éléments déterminants de la conception durable et environnementale. Notre choix s’est porté vers une façade très tramée, rationnelle dont la rigueur du solivage et des ouvertures crée une ornementation, élément de vocabulaire propre à l’écriture de la ville. Dans un second degré de lecture, la sérialité s’abstrait pour laisser place au végétal. La profondeur de la façade avec le complexe jardinière / châssis bois permet une première gestion passive de l’ensoleillement. La grande visibilité du projet par les voisins, depuis l’Avenue, nous a conduit à faire bénéficier toutes les façades du même traitement noble. Une enveloppe unique et homogène se déploie alors sur l’ensemble des façades.

La matérialité reflète les valeurs du projet. Le bois, bien qu’étant omniprésent dans la structure sera protégé en façade pour une plus grande pérennité de l’ouvrage. Il restera visible au niveau des menuiseries et des linteaux en second plan. Au premier plan les casquettes et les jardinières fortement exposées seront traitées en béton préfabriqué. Les trumeaux plus exposés sont habillés d’une écorce métallique. Nous assurerons ainsi la durabilité du projet. En dehors des matériaux biosourcés, nous nous sommes également attachés à faire du réemploi de matériaux in situ. Ainsi la structure métallique accueillant actuellement Réavie sur le site est réemployée au niveau de l’ombrière attenante au poste de redressement RATP. Cet espace abrite et dissimule les zones de stockages de la DEVE tout en intégrant le poste de redressement au projet d’ensemble.

Construire pour 100 ans, c’est s’assurer de la pérennité du bâtiment mais également de sa résilience à l’évolution des usages. Nous avons choisi d’élaborer un système qui permet notamment une grande réversibilité du bâtiment. Le choix de la trame structurelle et du pas d’étage appropriés en sont les supports. Ils permettent la variation très aisée du programme de bureaux au grès des années, voire la transformation de bureaux en logements, et ainsi de suite. La façade a également été travaillée en ce sens. En effet, les jardinières plantées aujourd’hui peuvent devenir les balcons filants des logements de demain.